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La peur de la stigmatisation et ses conséquences pour les enfants

La mère de R. est séropositive. Agé de 10 ans, le jeune garçon n’est pas au courant, car elle ne lui a rien dit à ce jour. Pourquoi? Parce qu’elle craint que l’enfant se détourne d’elle et qu’il se retrouve isolé à l’école à cause de sa mère. R. ne connaît pas son père, décédé avant sa naissance. R. se rend très bien compte que sa mère ne va pas bien, car il la trouve souvent couchée, dans un état d’apathie, lorsqu’il rentre de l’école. Il arrive donc souvent que les rôles soient inversés: c’est l’enfant qui doit prendre soin de sa mère. Le poids moral que R. a à porter ne s’est révélé au grand jour que lorsqu’il a manifesté des troubles du comportement à l’école – alors qu’il est un enfant intelligent et d’un naturel plutôt calme.

M. souhaite garder l’anonymat, car elle redoute de perdre sa place d’apprentissage si l’employeur apprend qu’elle est infectée par le virus du sida. M., née en Suisse il y 18 ans, était séropositive à la naissance – sa mère lui a transmis le virus au moment de l’accouchement. Ses deux parents étaient héroïnomanes et sont morts du sida. M. a grandi entourée de l’affection d’une famille d’accueil. Malgré cela, sa vie n’a jamais été facile: prise quotidienne de médicaments, nausées, difficultés scolaires, isolement, impression d’être perdue et phases dépressives. Elle a aussi vu mourir d’autres adolescents ou amis séropostifs. Il n’était donc pas dit qu’elle réussirait à prendre pied dans l’existence. Et l’insouciance, qui est normalement le privilège de l’enfance, n’a jamais eu de place dans sa vie. Le Sida & l’Enfant a apporté à M. et à sa famille d’accueil un soutien ponctuel en participant financièrement au camp de vacances ou aux leçons de musique.